L'ADIEU

Installation et vidéo

Du 16 Juillet 2021 au 19 Septembre 2021
VERNISSAGE VENDREDI 16 JUILLET A PARTIR DE 18 HEURES

Images/Ventenac, 5 route de Saint -Nazaire, 11120, Ventenac en Minervois


Du mardi au dimanche, de 15 heures à 19 heures, entrée libre.


contact@ventenac.net
06 17 34 37 30



L'Adieu (der Abschied), 2001, une vidéo de Yves CARO
Eblouissantes, 2005, une installation de Lilian BOURGEAT










































L'exposition l'ADIEU est une production d'Images/Ventenac
Commissariat : François Moulignat
Images/Ventenac est partenaire d'Horizons d'eaux # 5 avec les frac OM et OT


Images /Ventenac reçoit le soutien de La Région Occitanie, du Département de l'Aude,
du Grand Narbonne, de la commune de Ventenac en Minervois.




























Dans le cadre de L'Eté culturel 2021, financé par La DRAC Occitanie et le préfet de Région Occitanie,
l'association Etwas est l'intervenant culturel dans le cadre de l'exposition L'ADIEU.












































Eblouissantes, Lilian Bourgeat, 2005


6 ampoules géantes (50 x 85 cm), verre, aluminium, tubes stroboscopiques.
Collection Frac Occitanie Montpellier.

Dans le vaste espace sombre, scandé d'arches de pierre, de l'ancien chai,
les 6 grosses ampoules disséminées sur le sol émettent des éclairs stroboscopiques
colorés et silencieux. On avance, désorienté par ces stimuli visuels qui excèdent nos
capacités de perception, partagés entre émerveillement et sentiment de vulnérabilité.
Lilian Bourgeat crée des répliques surdimensionnées d'objets du quotidien
(le banc géant du jardin de l'Archevêché à Narbonne). Ici, non seulement les ampoules
deviennent de gros fruits de verre moulé mais les flashs qu'elles émettent nous prennent
au piège de leur démesure.


Né en 1970, Lilian Bourgeat vit et travaille à Dijon. Il enseigne à l'Ecole des Beaux Arts de
Chalon sur Saone, expose et produit de nombreuses oeuvres pour l'espace public.





Eblouissantes (Dazzling) by Lilian Bourgeat, 2005


6 giant bulbs (50 x 85 cm), glass, aluminum, strobe tube.
Collection Frac Occitanie, Montpellier.

In the extensive dark space, punctuated by stone arches, of the old cellar, the 6 large bulbs
scattered on the ground emit colorful and silent strobe flashes. We move forward,
disoriented by these visual stimuli that exceed our perception ability, split between
amazement and feelings of vulnerability.

Lilian Bourgeat creates oversized replicas of everyday objects (the giant bench of Narbonne’s
Archdiocese garden). Here, not only do the bulbs become large molded glass fruits,
but the flashes they emit ensnare us in their excessiveness.












































L'Adieu (der Abscheid), Yves Caro, 2001

Il s'agit d'un montage muet de séquences de comédies musicales américaines,
des années 30 aux années 50. Sur ces séquences successives se déploie en continu
la voix émouvante de Kathleen Ferrier qui chante "Der Abschied", la dernière partie
du Chant de la terre, de Gustave Mahler.

Elle chante un poème chinois de Meng Haoran et Wang Wei (époque Tang ,8 ème siècle)
traduit en allemand par Hans Bethge.

C'est un bouleversant poème où la description de la nature au crépuscule précède un
rituel d'adieu entre deux amis qui ne se reverront plus :

O mon ami,

Dans ce monde le bonheur ne m'a point souri!

Où vais-je? Je vais errer dans les montagnes.

Je cherche le repos pour mon coeur solitaire.

Je chemine vers mon pays, vers ma demeure.

Je ne m'aventurerai jamais au loin.

Calme est mon coeur, il aspire à son heure!

La terre bien aimée en tout lieu refleurit au

printemps et verdoie de nouveau.

Partout et pour toujours

les horizons bleuissent!

Eternellement…éternellement…

Gustav Mahler a adapté et mis en musique les poèmes du Chant de la terre en 1907.
Sa musique, symphonique, d'une grande force lyrique et nostalgique, emporte l'auditeur
jusqu'à l'au-delà final d'un "ewig" ("éternellement") répété sept fois au son du célesta.

C'est donc enveloppés dans cette musique que les couples mythiques
Ginger Rogers / Fred Astaire ou Cyd Charisse / Gene Kelly dansent avec une suprême élégance.
Et on est séduit par l'adhérence surprenante des mouvements des danseurs, des décors et
de la caméra au continuum musical. Mais cela ne dure pas, arrivent des séquences où
des corps-toupies crèvent des écrans, filent parmi les membres amputés d'un orchestre fantôme,
mettent le feu aux canons. La mort rôde, surréaliste, extravagante.
Les corps, les "black faces", détachés de la musique, deviennent d'étranges pantins au sourire forcé.
La contradiction laissera la place à l'étrange harmonie de la dernière scène,
quand le gigantesque décor kitch pivotera lentement sur lui-même jusqu'à l'"ewig" ("éternellement")final.

Ainsi, deux flux puissants, le musical et le cinématographique, s'éloignent et se rapprochent.
L'un puise son inspiration dans la poésie du 8ème siècle, l'autre tresse les images
du milieu du 20ème siècle. Tous deux creusent la beauté à la recherche d'une vérité de l'être.
F. M.


+ Une sélection de vidéos :

— BRUITS DE BOUCHES ENTRE 2 "VEXATIONS" 7' 19 - 2019

— VENIR / TENIR / PARTIR (CK version longue) 4' 52 - 2016

— MOURIR 5' 11 - 2017

— DE QUELQUES LOPINS 5' 08 - 2018

— EN DEUX TEMPS TROIS MOUVEMENTS 4' 50 - 2020


Yves Caro, originaire de Montpellier, est enseignant à l'Ecole des Beaux Arts de Toulouse.
Depuis plusieurs années sa pratique s'est orienté vers le montage et le détournement de
séquences cinématographiques, de textes et de sons en vue de démasquer la tragi-comédie
de l'humaine condition.




L'Adieu (Der Abscheid) by Yves Caro, 2001

It is a silent editing of American movie musicals sequences, from the 30s to the 50s.
The moving voice of Kathleen Ferrier spreads continuously over these successive sequences,
as she sings "Der Abschied", the last part of Gustave Mahler's Song of the Earth.

She sings a Chinese poem by Meng Haoran and Wang Wei (Tang period, 8th Century)
translated into German by Hans Bethge.

It is a deeply moving poem where the description of nature at dusk precedes a farewell ritual
between two friends who will not see each other again:

O my friend,
In this world happiness has not smiled at me!
Where am I going? I'm going to wander in the mountains.
I seek rest for my lonely heart.
I am walking along to my country, to my home.
I will never venture far off.
Calm is my heart, striving for its time!
The beloved land in every place blooms again
in the spring and grows green once again.
Everywhere and forever, skylines turn blue!
Eternally... Eternally...

Gustav Mahler adapted and put to music the poems of Song of the Earth in 1907.
His music, symphonic, of great lyrical and nostalgic strength, brings the listener
to the final hereafter of an "Ewig" ("Eternally"), repeated seven times to the sound of the celesta.

It is therefore enveloped by this music that the mythical couples
Ginger Rogers / Fred Astaire or Cyd Charisse / Gene Kelly dance with supreme elegance.
And we become seduced by the surprising adhesion of the dancers, sets and camera movements
to the musical continuum. But it does not last, there are sequences where spinning bodies pop screens,
slip away among the amputated members of a phantom orchestra, set the guns on fire.
Death prowls, surrealistic, extravagant. The bodies, detached from music, become strange
puppets with forced smiles. The contrast will give way to the last sequence’s strange harmony,
when the gigantic and kitch set slowly rotates on itself until the final "Ewig".

Thus, two powerful streams, the musical and the cinematographic, move away and toward each other.
One draws its inspiration from 8th Century poetry, the other weaves mid-20th Century images.
Both are digging up beauty, searching a truth of being.























été culturel 2021


Avec le soutien financier de la Direction régionale des affaires culturelles Occitanie


Rencontres du troisième type — Un projet artistique collaboratif de Kadia Dabo et de Kévin Cabaret sur l'exposition "L'adieu"

Le projet Rencontres du troisième type souhaite, à l’instar du film de Spielberg, faire découvrir l’art contemporain
aux visiteurs comme un espace de réflexion commun et subjectif à la rencontre de l’autre et de l’inconnu :
Comment voyez-vous l’oeuvre? Comment savez-vous ce que vous voyez? Quel est le rapport entre vous
et l’oeuvre? Entre les oeuvres? 
Invités par le lieu Images/Ventenac pour le temps de l'exposition "L'adieu", les deux artistes et designers
de l'association ETWAS, Kadia Dabo et Kévin Cabaret, vont mener, à partir de leurs pratiques respectives
qui s'intéressent notamment à l'éducation artistique et culturelle, un projet artistique collaboratif avec les
visiteurs. Des médiations, des ateliers collaboratifs et des événements vont mobiliser les structures
éducatives, sociales, culturelles et associatives de proximité. En questionnant notre rapport au savoir
et en passant de «ce qu’il faut savoir...» à «ce que nous pourrions comprendre ensemble...» le projet
aborde la découverte de l'exposition "L'adieu" et de l'art contemporain comme une construction
collective du regard critique qui prend en compte la diversité des perceptions du monde.